Organisation des repas : Interview de Coralie, Maman Positive de 4 enfants

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Comment se passe l’organisation des repas chez Coralie, Maman de 4 enfants et blogueuse en Parentalité Positive sur le blog Les 6 doigts de la Main : cliquez sur la flèche tout en haut de l’article pour écouter l’interview !

Retranscription écrite (pour ceux qui préfèrent lire) :

Présentation de Coralie, Maman Positive de 4 enfants

Marie : Bonjour je suis Marie du Blog Secrets de Nutritionniste. Aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir Coralie du blog les 6 doigts de la main.

Jingle : Titi Boye

Marie : Bonjour Coralie

Coralie : Bonjour Marie

Maman Blogueuse

Marie : Alors aujourd’hui Coralie, j’ai souhaité t’interviewer pour le Blog Secrets de Nutritionniste. Mais je vais te laisser le soin de te présenter et de présenter tes différentes facettes aussi.

Coralie : D’accord ! Alors, écoute, je m’appelle Coralie. Au départ je suis MAMAN ! C’est de là que partent mes activités actuelles. Je suis Maman de 4 enfants qui ont aujourd’hui 17 , 13 , 8 et 6 ans. Et j’ai monté un blog comme toi qui s’appelle Les 6 doigts de la main, qui permet d’accompagner les parents sur le chemin de la Parentalité Positive.

Maman Formatrice

Marie : D’accord ! Et en plus de ton blog, tu fais aussi des formations en présentiel?

Coralie : Oui tout à fait ! Je fais des formations, des ateliers de parents. je fais parfois des formations d’enseignants. Et j’interviens aussi directement dans les classes auprès des élèves pour apprendre à mieux vivre ensemble.

Etre parent, ça s’apprend !

Marie : D’accord, super ! Et tu dis que le début cela a été le fait d’être maman. Est-ce que par rapport à la parentalité positive, tu as été à des séminaires, ou à des formations…?

Coralie : Oui alors j’ai commencé à me former en autodidacte par des livres en fait. Et c’est en appliquant des choses dans ma famille que je me suis rendue compte que l’on avait tellement à apprendre. Qu’être parents cela s’apprenait, et qu’il y avait des choses à partager. Donc j’ai commencé à animer mes premiers ateliers avant d’avoir eu une quelconque formation formelle.

Et puis au fur et à mesure, j’ai enrichi un petit peu puisque c’est un thème qui me passionnait. J’ai enrichi un peu, j’ai ajouté des cordes à mon arc. J’ai suivi des formations auprès de l’Association de la Discipline Positive. J’ai suivi des formations en ligne de Parentalité Positive. J’ai suivi des formations sur les Emotions à l’Ecole d’Isabelle Filliozat. Je vais à des conférences., etc…pour continuer à m’enrichir en continue.

L’amont des repas (menus, courses) chez Coralie, Maman Positive

Marie : Donc voilà, aujourd’hui, je voulais que tu interviennes sur le Blog Secrets de Nutritionniste pour nous expliquer finalement ta vie de Maman avec 4 enfants autour des repas, autour de l’organisation des repas. Et aussi comment tu relis cela à la Parentalité Positive au quotidien.

Alors est-ce que l’on peut commencer déjà par aborder l’amont des repas. Comment cela se passe chez vous pour choisir le menu? Qui choisit le menu? Est-ce que vous choisissez à l’avance en famille? Qui va en courses? Voilà, est-ce que tu peux m’expliquer déjà cela chez toi?

Coralie : Tout à fait ! Alors c’est rigolo que tu poses la question parce que chez nous, on a une organisation assez intéressante à mon avis. J’essaye de voir évidemment les menus qui plaisent et qui plaisent moins dans la famille et de faire les courses en fonction. Alors parfois le repas est improvisé selon ce que j’ai dans le frigo. Mais l’organisation théorique quand on arrive à ce que ça roule est la suivante :

C’est ma fille Alice de 13ans qui aime bien participer à la préparation des repas qui est en charge de 2 repas par semaine. pour 2 diners par semaine, c’est elle qui prépare complètement.

Mais en amont, on a deux tableaux dans la cuisine : un qui est blanc est sans ligne et l’autre qui fait les jours de la semaine. Donc sur le tableau blanc elle m’écrit les idées de menus et moi de l’autre côté je les organise dans la semaine.

Voilà, au début, on faisait tout ensemble et en fait, on s’est rendu compte qu’au niveau flux c’était moins facile, parce que moi j’étais un peu plus au courant de quel soir on sera pas tous là, il y aura cela, nous on sort etc… Donc elle me met plutôt les menus qu’elle a en tête et moi je peux plus facilement organiser les courses. Je vais savoir aussi si les courses seront faites ou pas, et voilà donc mettre ce menu là avant ou après.

Marie : Donc c’est une organisation en duo ?

Coralie : En duo exactement ! Et puis pour les courses c’est très simple : je les fais en ligne et on se fait livrer. Donc ça revient à peu près à une fois par semaine.

Marie : Ca fait un gain de temps aussi j’imagine?

Coralie : oui et puis jusqu’ici on n’avait pas de voiture alors il n’y avait pas tellement le choix.

Combien de repas ensemble?

Marie : Alors par rapport au repas, tu as surtout parlé du repas du soir dans l’organisation sur tes petits tableaux. Comment cela se passe chez vous pour les trois repas principaux et le goûter? Qui est présent des 6 de la famille? Est-ce que vous êtes ensemble? Est-ce que vous êtes séparés? Est-ce que certains vont à la cantine?

Coralie : Alors Ok, je vais faire dans l’ordre. Au petit déjeuner, grosso modo on déjeune tous là, mais pas forcément au même moment. Donc au petit déjeuner, chacun s’occupe de lui-même en fait, quelque soit l’âge. Les enfants ont tendance à prendre des céréales, et mon mari aussi d’ailleurs. Il n’y a que moi qui fait des petits déjeuner différents. Et donc chacun se sert, sachant que la règle c’est qu’à la fin du petit déjeuner, il faut que la table soit vide. Et en fonction des moments, il y a des moments où on coincide. on est quand même tous en train de se préparer le matin donc il y a des moments où on est les uns à coté des autres en train de petit-déjeuner mais ce n’est pas un petit déjeuner qui a été fixé à une certaine heure. Par exemple, si les petits se réveillent plus tot que nous (ce qui arrive parfois, avant le réveil) et bien là, ils commencent à petit déjeuner sans que l’on se lève.

Ensuite, le déjeuner tout le monde est à la cantine. Il y a que moi. A part le mercredi évidemment. Donc il n’y a que moi qui déjeune sur place et alors soit je prends des restes soit je me fais un repas à moi que je cuisine avec ce qu’il y a dans le frigo. Et le mercredi, puisque on a une règle chez nous c’est ‘Pas de pâtes le soir’ donc le mercredi pour le déjeuner c’est pâtes !

Marie : très intéressant comme organisation !

Coralie : Et le soir, ça dépend en fait. Malheureusement, c’est difficile. La théorie c’est que l’on aimerait prendre le repas tous ensemble. Dans la pratique, les plus jeunes se couchent relativement tôt et mon mari n’est pas forcément là suffisamment tôt. Donc on a une organisation souple ! C’est à dire que les deux plus jeunes sont toujours à table à carrément 18h45-19h, vraiment tôt.Et en fonction des cas, soit Alice ma fille et moi on dine avec eux, et mon mari et mon fils (qui rentre souvent tard car il est en prépa, dine à l’internat). Ou bien nous on dine après. Soit je ne fais diner que les deux petits et ensuite on dine à trois avec ma fille, ce qui est sympa aussi car cela crée une autre dynamique. Soit si nous les parents on sort, alors dans ce cas là, Alice va diner avec les deux petits, ou alors elle dine seule une fois que eux sont couchés.Enfin voilà ! Ca varie beaucoup !

Mais tout le monde mange la même chose en général !

Marie : oui j’imagine. Je n’ai pas posé la question mais c’est vrai que ça tombait sous le sens.

Qui prépare? Qui débarrasse?

Marie : Alors vous mangez tous la même chose, mais alors du coup qui prépare? Et qui débarrasse?

autonomie en cuisine
L’autonomie dans la cuisine

Coralie :Alors qui prépare? En général c’est soit moi, soit ma fille, donc elle est en charge de deux repas par semaine. Avant que son grand frère soit en prépa, il avait en charge aussi un repas, maintenant plus, car il n’est plus là. Le couvert est habituellement mis par les petits. Et pour le débarrassage, tout le monde participe. Quand les petits dinent tout seuls, et bien dans ce cas là, ils débarrassent eux leur repas. Quand ils dinent avec nous, en général ils débarrassent leur partie car souvent ils vont commencer els préparatifs du coucher pendant que nous on termine .

Marie : donc même le petit de 6 ans? Il voit ses frères et soeurs faire, donc il fait la même chose? il est capable de faire la même chose?

Coralie : Il participe et ce que j’aime faire (mais c’est toujours une question de temps) c’est quand j’arrive à l’impliquer encore avant dans la préparation, ça il aime bien. Alors ça c’est plus une question de temps mais en revanche, le week-end par exemple ça arrive plus souvent. Et ce qui est important pour moi, c’est qu’il y ait un message de confiance qui passe là-dedans. C’est à dire ce que pour moi la cuisine fait partie des endroits où on peut leur donner une image positive d’eux-mêmes. C’est à dire que, par exemple, je n’ai pas peur de leur donner un couteau qui coupe fort, etc… Et du coup ils gagnent en autonomie là-dessus, énormément…

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Marie : Oui

Coralie : … et en confiance en eux.

Marie : D’accord. Et en touillant des casseroles chaudes ou des choses comme ça aussi…

Coralie : S’il y a besoin, exactement.

Marie : D’accord.

Coralie : Sachant que, c’est marrant parce que du coup c’est aussi peut-être pour la suite, mais par exemple s’il y a difficulté sur le menu…Parfois je peux ouvrir la porte à dire : « Si tu veux une carotte tu peux aller la chercher ». Dans ces cas-là même celui de 6 ans va chercher la carotte, il l’épluche, il la coupe d’accord, etc…

Marie : D’accord, ok. On va en reparler, effectivement.

Coralie : C’est facile pour nous parce que la cuisine est ouverte sur la salle à manger. Donc quand ils sont là, il n’est pas tout seul. C’est important de le savoir aussi.

La carotte facile à éplucher pour avoir un légume au repas
La carotte facile à éplucher pour avoir un légume au repas !
(Photo de Oriol Portell on unsplash)

Organisation du repas avec des invités

Marie : Oui. Et du coup alors ça c’est la routine de la semaine on va dire. Et par exemple les week-ends ou quand vous avez des invités : est ce que les choses se passent différemment dans la préparation et le débarras par exemple ?

Coralie : Le week-end, ça ne se passe pas tellement différemment, je dirais. C’est assez similaire à notre organisation du soir, hormis qu’évidemment on est tous ensemble, puisqu’il n’y a pas de question de rythme différent. Quand nous, on a des invités, sans les enfants en général on les couche avant. Voilà dans ce cas ils se gèrent. Et si par exemple il y a des amis le mercredi après-midi, qu’on se fait des goûters, alors là j’ai tendance à les laisser jouer jusqu’au moment où c’est servi, jusqu’au moment où c’est prêt. Mais en revanche, eux et les amis participent au fait de mettre la table et de la débarrasser. Alors où intervient l’éducation positive là-dedans ? Ça va être dans la communication, c’est à dire que par exemple quand ils s’en vont, je fais attention à NE PAS dire : « Hey oh, on ne s’en va pas s’en débarrasser ! ». C’est à dire : « Les garçons, il y a encore des choses sur la table ! ». Tu vois ?

Marie : D’accord. Dans la manière dire.

Organisation des goûters

Coralie : Dans la manière de le dire voilà. Et du coup, je me rends compte que les invités le prennent très bien aussi dans ces cas-là. Et puis je crois que tu posais la question du goûter aussi… Alors de nous, il y a que les deux plus jeunes qui goûtent, les deux plus grands ça leur arrive, mais ils se débrouillent, je ne sais pas ce qu’ils font. Les deux plus jeunes, en fait, la règle c’est que pour le goûter on a un tiroir à goûter. Donc ils savent qu’ils peuvent piocher soit dans la corbeille de fruits, soit dans le tiroir à goûter, dans les deux, souvent. Et le tiroir à goûter contient des amandes, des galettes de riz, des raisins secs… Des choses comme ça.

Marie : Du coup ils goûtent tous les deux ou tu es avec eux quand ils rentrent de l’école ?

Coralie : Alors ça dépend des jours. Si c’est moi qui suis allé les chercher à l’école, ils s’installent à table et ils goûtent. Moi je suis à côté et on discute comment ça s’est passé l’école, etc… Et parfois ce n’est pas moi qui vais les chercher à l’école et donc l’organisation est la même, sauf que ce n’est pas moi.

Le sujet épineux (les légumes) : ”J’en veux pas”

Marie : Alors sujet épineux. Du coup, comment ça se passe à table, vraiment pendant le déroulé du repas, quand les enfants disent : je n’en veux pas, je n’aime pas ce plat… ? Voilà comment accueille-tu ça par rapport à la…

Coralie : Sujet effectivement sans fin, parce que comme par hasard, ce dont ils ne veulent pas : ce sont les légumes en général. Comme chez tout le monde. Donc il y a eu au cours de nos vie pas mal de discussions autour de ça avec mon mari. Parce que tous dans la famille on a tendance à beaucoup manger, à bien aimer manger, donc il faut quand même faire attention à ce que l’on mange. Au fur et à mesure des années notre alimentation à évoluer et on inclut de plus en plus les légumes.  Je veux dire même nous, les adultes. D’ailleurs on est devenu quasiment végétariens. En revanche ce qui est intéressant c’est qu’on est sorti du modèle « il faut finir ton assiette ». Parce que j’ai lu des études qui explique que les enfants en fait n’apprenez plus à écouter leur faim et qu’ils apprenaient à penser qu’ils n’avaient plus faim quand leur assiette était vide. Donc on essaye d’éviter ça, ça se fait en essayant de ne pas servir trop, etc…

Marie : Oui.

Coralie : Et pour manger des légumes, l’idée n’est pas de les forcer, mais bien de leur expliquer que le corps a besoin de légumes. D’abord en général j’essaye de mettre des choses en premier sur la table qui sont justement les crudités ou des choses comme ça. Comme ça ils peuvent les manger avant quand ils ont faim. En général ça ne pose pas de souci. Ensuite je sais quels légumes ils aiment, évidemment. Et on a très souvent des dîners qui inclut en fait – ça peut être une contrainte pour certains – mais qui inclut une variété de légumes. C’est très rare qu’il ait qu’un seul légume chez nous.

Crudités en premier sur la table du repas
Crudités en premier sur la table du repas

Marie : D’accord.

Coralie : Donc qui nous permet d’introduire le choix, parce que du coup quand ils disent : « je ne veux rien ». La réponse va être : « je comprends que tu as envie de rien et en même temps, tu sais que ton corps il a besoin de légumes pour bien fonctionner pour avoir les nutriments qu’il faut. Donc tu me dis lequel tu veux. Tu préfères ça ou ça. » Et le fait d’avoir le choix ça ouvre les possibilités. Si vraiment il n’y a rien qui plaît, comme je te disais tout à l’heure, ils disent : « Je peux plutôt prendre une carotte ? » Et ils vont dans le frigo prendre une carotte.

Marie : D’accord.

Coralie : Je suis assez souple là-dessus, c’est-à-dire que je me dis tant qu’ils ont intégré le fait qu’à tous les repas il y a des légumes, c’est ça qui compte et ce n’est pas très grave si ce n’est pas exactement ce que j’ai préparé.

Marie : Bien sûr. Et vu le nombre que vous êtes autour de la table du coup avec quatre enfants et deux adultes, même si vous n’êtes pas forcément ensemble au même repas, vous avez le même contenu dans l’assiette, on va dire ; du coup avec six personnes se seraient peut-être une utopie de vouloir plaire à tout le monde avec un seul légume.

Coralie : Mais c’est pour ça qu’en fait il y a une diversité de légumes sur la table parce que si je ne faisais que les légumes qui plaisent aux petits, je ne ferais jamais les choses qui nous plaisent beaucoup à nous les grands.

Marie : Oui c’est sûr, donc la diversité apporte vraiment pour que tout le monde ait ce choix finalement. Et on a le droit d’avoir le choix et de pas tous aimer la même chose, quoi.

Coralie : Exactement. Donc quand il y a quelque chose qu’ils n’aiment pas, très souvent on les encourage quand même à goûter. On explique que : « tu sais parfois il faut goûter 10 pour se mettre à aimer…  Ça fait longtemps je crois que tu n’as pas goûté les champignons tu veux re-goûter pour être sûr ? » Et on goûte, et après ils disant « ah non, vraiment je n’aime pas. » Écoute c’est un encouragement Mais on encourage de temps en temps à regoûter ce qu’on n’a pas goûté depuis longtemps, mais tout en laissant la porte ouverte à : « non je n’aime pas. » Voilà.

Marie : Tout à fait, dans le respect du goût de chacun, mêmes des petits, finalement. C’est important.

Coralie : Même des petits. Alors, évidemment, j’imagine que si mes petits ne mangeaient rien du tout, mon attitude serait différente, surement.

C’est toujours facile à dire quand ça marche. Mais je pense que c’est toujours un peu de la poule et l’œuf.

En fait j’essaie là encore de passer un message de confiance, c’est à dire de dire : « oui ce n’est pas toujours facile d’aimer quand c’est quelque chose de nouveau mais au bout d’un moment, quand tu vas t’habituer, tu vas voir, tu vas surement apprécier, donc on regoûtera la prochaine fois. » Voilà, tranquillement, sans y mettre de la pression. Et donc au fur et à mesure il y a des goûts qui se développent.

Repas détente ou pour dénouer les problèmes?

Marie : Par rapport à un autre sujet aussi à table, par rapport à la parentalité positive : est-ce que le moment du repas est une vraie pause détente ou est-ce qu’il vaut mieux finalement parler de ce qui s’est passé dans la journée et de dénouer les problèmes autour du repas ? À ton avis ?

Coralie : Nous on n’est plus dans un moment détente.

Marie : Oui.

Coralie : Alors il arrive qu’on parle de ce qu’i a eu lieu dans la journée parce que c’est aussi le moment où on se retrouver et on a le temps de discuter, mais c’est rare que ce soit une grande conversation. Sauf le dimanche soir. Parce que le dimanche soir, c’est notre soir de LA réunion familiale. donc là pour le coup il y a carrément un cahier de sortie, l’ordre du jour et discussions de tout ce qu’il y a à parler pour la semaine.

Marie : D’accord, super. Et ça, ça se fait au moment du repas du dimanche soir ?

Coralie : Exactement.

Marie : D’accord.

Coralie : Tous les six ensemble.

Marie : Est-ce que ça arrive parmi les enfants que durant cette pause de détente et de convivialité il y est quand même des conflits dans la fratrie qui surgissent pendant le repas, et que finalement ça imprègne ce repas d’une tension ?

Coralie : Oui, ça arrive entre enfants, ça arrive entre nous aussi. Ça arrive, ce n’est pas c’est pas du tout quotidien. C’est plutôt un moment sympathique le repas chez nous, mais quand ça arrive, on essaie de renforcer la valeur du respect à laquelle on croit, c’est à dire que par exemple, moi j’ai toujours l’accent sur le mode de communication. C’est à dire qu’on a le droit d’être en colère, on a le droit de poser nos limites, on a le droit de dire tout, en fait, à condition de le dire respectueusement. Donc ça va souvent être ma remarque, mon appel va être centré là-dessus. C’est-à-dire : « est-ce que tu crois que tu peux le dire gentiment ? » C’est vraiment ça l’important. D’ailleurs, ça c’est en dehors des repas, parfois on s’entraide. C’est-à-dire quand il y a eu une scène et que cette scène ne s’est pas passée très gentiment : « comment tu pourrais dire gentiment ? » Et après on recommence la scène.

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Marie : D’accord. Sous forme de petits sketches pour apprendre à bien faire ?

Coralie : Il s’agit juste de répéter.

Marie : D’accord. De reprendre la même scène pour la faire différemment et essayer d’imprégner les mécanismes pour que ça se passe mieux la fois d’après, quoi ?

Coralie : Exactement, oui. Mais cela dit au repas, il n’y a pas de conflit, ça arrive parfois. « Non c’était mon assiette, ce n’était pas la tienne… » Bien sûr ça peut arriver, mais on a tendance à marquer une pause et réinsister sur : « est-ce qu’on peut dire gentiment ? Qu’est-ce qu’il se passe ? » Ça coule assez normalement, il n’y a pas trop de conflit autour du repas.

Les repas en voyage à l’étranger

Marie : D’accord. En fait, en te suivant sur les réseaux sociaux on voit que vous voyagez aussi, notamment à l’étranger. Comment se passent les repas quand vous êtes dans un autre pays ? Comment vous faites connaissance avec la culture du pays et sa nourriture, par exemple ?

Coralie : Nous les grands, et j’inclus mes deux aînés, on adore connaître la nourriture du nouveau pays, et c’est ce qu’on cherche à faire passer au sein de toute la famille. Maintenant on accepte évidemment la difficulté qui peut y avoir surtout pour des plus jeunes à s’adapter à des goûts vraiment différents. Donc là par exemple, aux vacances de noël on est parti en Inde et c’était vraiment très chouette, et au niveau cuisine, moi j’adore, c’est vrai cependant que c’est très épicé. Donc on ne peut pas forcer les petits à manger la nourriture épicée ce qui fait que on a quand même été dans des restaurants indiens parce qu’ici on n’est en Inde et on mange indien avec un lâcher prise de notre côté sur le fait que le repas était un menu assez répétitif pour les jeunes avec les galettes, un petit naan des crudités…

Marie : D’accord.

Coralie : A chaque repas ils avaient du riz, des naans et des crudités. Mais ce n’est pas grave, tant qu’on sait que c’est temporaire.

Encourager à goûter la cuisine d'autres pays
Encourager à goûter la cuisine d’autres pays

Confiance, règles et lâcher prise aux repas

Marie : Oui, c’est sûr. Est-ce que tu as quelque chose à rajouter par rapport à ce questionnement et les questionnements qui pourrait venir d’autres personnes aussi, éventuellement ?

Coralie : Ce sur quoi je voudrais insister je pense c’est justement ce côté confiance. C’est à dire chez nous on attache beaucoup d’importance à l’aspect nutrition, le fait de manger sainement, d’avoir des légumes, etc… Et parfois, ça veut dire qu’on est tenté de forcer nos enfants à manger sain.Et je sais bien qu’on est dans une société dans laquelle c’est compliqué, parce que, par exemple, moi je leur explique que les sucreries c’est vraiment mauvais pour eux et donc chez nous il y en a jamais. Et clairement mon enfant de 8 ans il dit : « quand il y a des bonbons j’en profite parce que je sais qu’ici, il n’y en a pas. » Ce n’est pas ce que j’aimerais lui enseigner, qu’il en profite quand il n’y en a pas. Parce que je sais que certains parents concluent : il vaut mieux en donner de temps en temps parce que sinon… » Donc c’est une question qu’on ne finit jamais de résoudre parce que on ne sait pas quel est le meilleur choix, si force, on ne force pas. Ce qui est sûr pour moi c’est que si on force trop, de toute façon on s’éloigne de l’objectif. Donc pour moi, c’est important d’essayer de lâcher prise en disant : « j’exige entre guillemets je fais passer des règles qui correspondent à un minimum… » Par exemple, chez nous la règle est il n’y a pas de repas sans légumes. Ils le savent, le corps on a besoin, etc… Et sorti de là, j’essaie de lâcher prise sur le fait de forcer trop. Parce que je crois au fait que c’est ça qui marchera le mieux à long terme.

Marie : Et aussi la force de l’exemple, non ? Que les grands donnent cette règle, mais applique cette règle. C’est à dire mange des légumes avec plaisir aussi à tous les repas. C’est un bon exemple pour les petits.

Coralie : C’est sûr. C’est un prérequis. Je ne le signale même pas car ça me parait évident. Je ne peux pas poser une règle que je ne suis pas.

Marie : Mais c’est une base évidente qu’on n’avait pas encore dite.

Coralie : Oui, c’est vrai. T’as raison de le préciser.

L’autonomie des enfants dans la cuisine

Marie : Ce dit qui ressort aussi de ce que tu dis, c’est une grande autonomie aussi par rapport aux enfants dans la cuisine.

Coralie : La cuisine c’est un bon endroit pour faire valoir l’autonomie. C’est à dire que les inclure dans la préparation elle-même, dans le fait de participer à la maison en mettant le couvert, en débarrassant, remplir le lave-vaisselle, etc… C’est leur donner un rôle dans la famille. Cette autonomie est à la fois cette contribution elle est très importante pour nourrir le sentiment d’importance de l’enfant. Et donc ça fait partie des endroits où justement on peut jouer en équipe et où on crée la famille. Ce que j’ai découvert aussi pour encourager les enfants à manger des légumes, c’est leur montrer qu’une présentation d’un légume ne signifie pas forcément que ce légume est « comme ça ». Je m’explique : ils peuvent ne pas aimer un légume sous une certaine forme, mais ça ne veut pas dire qu’il faut en conclure qu’ils n’aiment pas ce légume. Et ce que j’ai fait ce que j’ai fait à plusieurs reprises, malheureusement pas aussi souvent que ce que j’aimerais, c’est faire des repas à thème. Prenons par exemple, les haricots. La première fois c’était avec des haricots verts. C’est celui qui m’a le plus marqué, mais je l’ai fait avec d’autres légumes quelques fois. J’ai pris quatre ou cinq recettes d’haricots verts différentes. Cuits différemment, assaisonnés différemment. Et ensuite dégustation à table. Ce qui fait que chacun pouvait se rendre compte que : « celui-là, je n’aime pas trop, mais celui-ci, oui. Je préfère comme ci que comme ça. » Et donc ça c’est important, parce que d’une part, t’as de nouveau la notion du choix. C’est-à-dire, ce n’est pas « j’aime ou je n’aime pas », c’est « je préfère comme ça que comme ça ». Mais ensuite, ça permet surtout de sensibiliser au fait que la prochaine fois quand ils disent : « je n’aime pas les haricots » c’est plutôt : « je n’aime pas les haricots comme ça. »

Marie : Oui, cette recette avec des haricots.

Coralie : Ça évite le blocage. Exactement. Et donc ça lève d’avance le blocage, de la fois suivante où il y aura des haricots dans une autre recette, ils ne diront pas par défaut que « je n’aime pas les haricots », mais ils seront peut-être plus ouverts à goûter de nouveau pour voir si sous forme-là ils les aiment. Tu vois ce que je veux dire ?

Goûts fluctuants et lassitude aux repas

Marie : Oui. Alors je ne sais pas si tu l’as déjà remarqué avec tes quatre enfants moi j’en ai qu’un seul et c’est assez flagrant : ses goûts peuvent être très fluctuants suivant les mois, en fait. Par exemple, je peux avoir en tête une recette qu’il adore. Et puis un jour qui n’est pas fait comme un autre – enfin les mois sont passés depuis que j’ai cette impression dans la tête d’une recette qu’il adore – et quand je la refais, il n’aime plus. Et au contraire, il y a un aliment des fois qu’il n’a pas vraiment aimé, la fois-là, il est tout à fait d’accord pour regoûter quelques mois après, ça ne lui pose pas de souci, et là, il l’adore alors qu’il l’a détesté quelques mois avant. Est-ce que tu vois ça toi avec tes quatre enfants ?

Coralie : Alors oui et non. Je le vois parfois sur certains ingrédients, mais dans ces cas-là je pense que c’est plus lié justement au mode de préparation. Par exemple, un moment j’ai eu un fils qui était fan de navet parce qu’il avait goûté sous une forme qui lui avait beaucoup plu. Et puis en fait, assez rapidement, il s’est rendu compte que moi je ne savais pas le cuisiner pareil, et que ce n’était pas la même chose. Mais sinon j’ai plus des effets parfois de lassitude de quelque chose qu’ils aimaient beaucoup et que finalement ils ont trop mangé, que des goûts changeant par les périodes.

Marie : Alors, Coralie, je pense qu’on a fait un beau tour de la question dans cette interview ensemble. Je te remercie beaucoup pour ta disponibilité.

Coralie : Avec plaisir. Merci Marie de m’avoir sollicitée, c’était chouette d’échanger sur ce sujet.

Marie : Et puis je mettrais le lien pour ton blog les 6 doigts de la main juste en dessous de l’interview pour que les gens qui ont envie de te connaître plus vis-à-vis de tes activités de maman et de parentalité positive puissent tout de suite trouver le document nécessaire pour trouver ton blog. Je te souhaite une bonne journée et je te dis à bientôt.

Coralie : Également à bientôt, Marie.

En complément de cet interview :

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3 thoughts on “Organisation des repas : Interview de Coralie, Maman Positive de 4 enfants

  1. Excellent cet interview!

    C’est un thème super important, je me rappelle que je n’étais pas un enfant facile avec la nourriture à une époque.

    La partie sur les voyage est particulièrement chouette est importante pour passer de bonnes vacances.

    A bientôt

      1. Oui elles ont bien changé, je mentionne l’époque durant laquelle j’avais entre 5 et 10 ans. Maintenant à 26 ans je n’ai plus ces problèmes. L’activité physique, m’a notamment bien aidé.

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